Du transistor au microprocesseur : comment l'ordinateur a rétréci
En vingt-quatre ans, des tubes à vide encombrants ont laissé place à une puce de quelques millimètres. Retour sur les trois inventions qui ont tout changé.
1947 : le transistor
En décembre 1947, aux laboratoires Bell, John Bardeen et Walter Brattain réalisent le premier transistor, avec William Shockley à la tête de l'équipe. Il remplace le tube à vide : plus petit, plus sobre, plus fiable. Les trois hommes reçoivent le prix Nobel de physique en 1956.
1958-1959 : le circuit intégré
Jack Kilby, chez Texas Instruments, réalise en 1958 le premier circuit intégré : plusieurs composants sur un même morceau de matériau. Robert Noyce, chez Fairchild, en propose peu après une version fabricable en série. On ne soude plus chaque pièce à la main : on grave tout d'un coup.
1965 : la loi de Moore
Gordon Moore observe que le nombre de transistors sur une puce double à intervalles réguliers. Il corrige son estimation dix ans plus tard : environ tous les deux ans. Cette règle empirique guidera l'industrie pendant des décennies.
1971 : le microprocesseur
Intel présente le 4004, un processeur complet sur une seule puce, conçu au départ pour des calculatrices. Il compte environ 2 300 transistors. Les puces d'aujourd'hui en comptent des milliards.
Pourquoi c'est important aujourd'hui
Chaque fois que votre téléphone démarre en une seconde ou que votre ordinateur chauffe, vous voyez les conséquences de cette miniaturisation : plus de transistors, plus de puissance, et plus de chaleur à évacuer.
Pourquoi c'est si important
Le transistor remplace les lampes encombrantes et fragiles des premiers ordinateurs : il est petit, solide et consomme peu. Le circuit intégré en assemble des milliers sur une même puce, puis des millions. C'est cette miniaturisation continue qui explique qu'un téléphone actuel soit bien plus puissant qu'un ordinateur des années 1960.